Après avoir taillé une haie ou abattu un vieux laurier, la tentation est grande de récupérer le bois pour le brûler dans la cheminée plutôt que de le jeter. Mais le laurier est un cas particulier : tout dépend de la variété, et certaines sont franchement dangereuses à brûler. Voici ce qu’il faut savoir avant de glisser une bûche de laurier dans le foyer, entre pouvoir calorifique réel, séchage indispensable et risques à connaître.
Attention : toutes les variétés ne se brûlent pas
C’est le point le plus important, et celui qu’on oublie le plus souvent. Sous le nom de « laurier » se cachent des plantes très différentes, et certaines dégagent des composés toxiques en brûlant. Seul le laurier-sauce, celui dont on utilise les feuilles en cuisine, est adapté au chauffage.
| Variété | Bois de chauffage ? |
|---|---|
| Laurier-sauce (Laurus nobilis) | Oui, en bois d’appoint, parfaitement sec |
| Laurier-rose (Nerium oleander) | Non — toxique à la combustion |
| Laurier-cerise / laurier-palme | Non — toxique à la combustion |
En cas de doute sur l’identité de votre laurier, l’abstention est la seule attitude prudente : il vaut mieux composter ou évacuer ces déchets verts que de prendre le moindre risque avec des fumées toxiques dans la maison.
Le laurier-sauce, un bois de chauffage performant ?
Le laurier-sauce affiche un pouvoir calorifique d’environ 4,2 kWh par kilo une fois bien sec, pour une densité de l’ordre de 650 kg/m³. Ce sont des valeurs correctes, ni les meilleures ni les pires : le laurier fournit une chaleur honnête, mais reste moins endurant que des feuillus durs comme le chêne ou le hêtre. Il brûle assez vite et donne peu de braises, ce qui le destine plutôt à un usage d’appoint qu’à un chauffage de fond.

Un séchage long et impératif
Le laurier retient énormément d’humidité, ce qui en fait un bois à sécher longuement avant tout usage : comptez 18 à 24 mois de séchage à l’abri. Brûlé trop tôt, encore humide, il encrasse fortement les conduits en favorisant les dépôts de bistre et de goudron, ce qui augmente sensiblement le risque de feu de cheminée. Un bois mal séché chauffe peu et salit beaucoup : c’est le pire des deux mondes.
Comment bien l’utiliser
Utilisé intelligemment, le laurier-sauce trouve sa place. La bonne pratique consiste à le réserver à l’appoint et à ne jamais lui faire représenter plus de 15 % environ de votre mélange, le reste étant constitué de bois durs comme le chêne ou le hêtre. Il sert alors à relancer une flambée ou à compléter un stock, sans jamais devenir la base du chauffage. Cette vidéo fait le tour des meilleures essences de bois de chauffage pour situer le laurier par rapport aux autres.
En résumé, le laurier-sauce bien sec est un correct bois d’appoint, à condition d’écarter formellement les variétés toxiques et de respecter un long séchage. Si vous entretenez vos arbres et arbustes au jardin, vous récupérerez naturellement du bois à faire sécher : nos conseils sur la taille du catalpa ou sur le bouturage de la vigne s’inscrivent dans la même logique d’un jardin que l’on valorise. Et pour entretenir le reste de l’extérieur, voyez comment semer du gazon sans rouleau.
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