Faire un compost réussi

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faire du compost

Composter, c’est transformer ses déchets de cuisine et de jardin en un amendement gratuit qui nourrit la terre. L’opération paraît parfois intimidante, avec ses histoires de tas qui sentent mauvais ou qui ne se décomposent jamais. Pourtant, le compostage repose sur quelques principes simples : un bon équilibre entre deux types de matières, un peu d’air, un peu d’humidité et de la patience. Maîtrisez ces fondamentaux et vous obtiendrez un compost brun, friable et sans odeur, prêt à enrichir votre potager.

L’équilibre entre matières vertes et matières brunes

Tout repose sur le rapport entre le carbone et l’azote. Les matières dites « vertes », riches en azote, nourrissent les micro-organismes et accélèrent la décomposition : épluchures, restes de fruits et de légumes, tontes de gazon fraîches, marc de café. Les matières « brunes », riches en carbone, apportent de la structure, absorbent l’excès d’humidité et limitent les mauvaises odeurs : feuilles mortes, carton brun non imprimé, brindilles, paille.

Un compost équilibré vise un rapport carbone/azote situé autour de 25 à 35, ce qui se traduit par un repère facile à retenir : environ deux fois plus de volume de matières brunes que de matières vertes. En pratique, un seau de déchets verts pour deux seaux de matières brunes garde le tas en bonne santé. Trop de vert et le compost devient compact, humide et malodorant ; trop de brun et la décomposition ralentit considérablement.

composteur de jardin avec déchets verts et bruns
Alterner couches vertes et brunes garde le compost aéré et sans odeur.

Ce que l’on met, ce que l’on évite

La plupart des déchets organiques du foyer trouvent leur place au compost, mais quelques familles posent problème et valent mieux d’être écartées pour éviter odeurs, nuisibles et déséquilibres.

  • À privilégier : épluchures, trognons, fanes, coquilles d’œuf écrasées, marc et filtres de café, sachets de thé, feuilles mortes, tontes en fine couche.
  • À éviter : viande, poisson et produits laitiers, qui attirent les rongeurs ; matières grasses et huiles ; végétaux malades ; plantes montées en graines.
  • Avec modération : agrumes et oignons, qui acidifient ; pelures traitées ; gros morceaux de bois, longs à se décomposer.

Plus les déchets sont fragmentés, plus ils se décomposent vite. Couper grossièrement les grosses épluchures et broyer les branchages accélère nettement le processus en offrant davantage de surface aux micro-organismes.

Aération, humidité et brassage

Le compostage est un travail vivant : il a besoin d’oxygène. Sans air, la décomposition devient anaérobie, lente et nauséabonde. Brasser le tas toutes les deux à quatre semaines avec une fourche réintroduit de l’oxygène, mélange les matières et relance l’activité. L’humidité doit rester celle d’une éponge essorée : une poignée de compost pressée ne doit laisser perler que quelques gouttes. Trop sec, le tas s’endort ; détrempé, il pourrit. En période de sécheresse, un arrosage léger suffit, et c’est justement un bon usage de l’eau de pluie récupérée au jardin.

Combien de temps pour un compost mûr

La maturation complète demande généralement de six à douze mois, selon la saison, la taille des déchets et la régularité du brassage. En été, un tas bien équilibré et retourné peut mûrir en quelques mois ; en hiver, le froid ralentit tout et il faut s’armer de patience. Un compost prêt à l’emploi est sombre, friable, sent l’humus de sous-bois et ne laisse plus reconnaître les déchets d’origine.

ProblèmeCause probableCorrection
Odeur d’ammoniacTrop de matières vertesAjouter des matières brunes
Tas qui ne chauffe pasTrop sec ou trop de brunHumidifier, ajouter du vert, brasser
Présence de moucheronsDéchets à nu en surfaceRecouvrir de matière brune
Décomposition très lenteMorceaux trop grosFragmenter, retourner

Une fois mûr, le compost s’étale au pied des plantations, s’incorpore légèrement à la terre ou sert de support nourricier. Il complète idéalement un sol que l’on cherche à enrichir avant de faire des semis au printemps, et un compost à demi mûr fait même un excellent paillis pour le potager. Recycler ses déchets de cette manière, c’est refermer un cycle naturel au cœur du jardin.