Sous chaque plancher d’étage et derrière chaque plafond en bois se cache une structure discrète mais essentielle : le solivage. Comprendre le rôle du solivage d’un plafond, savoir dimensionner ses solives et les poser correctement, c’est s’assurer d’un sol qui ne fléchit pas et d’un plafond qui ne travaille pas. Que ce soit pour aménager des combles, créer une mezzanine ou refaire un plancher ancien, cette ossature mérite qu’on s’y attarde avant de poser la moindre planche. Voici l’essentiel pour bien faire, ou bien faire faire.
À quoi sert le solivage
Le solivage désigne l’ensemble des solives, ces poutres horizontales en bois massif ou en lamellé-collé qui constituent la structure portante d’un plancher. Ce sont elles qui supportent les lambourdes et le platelage au-dessus, ainsi que toutes les charges qui reposent dessus : meubles, occupants, cloisons. Côté inférieur, le solivage porte aussi, le cas échéant, les éléments du plafond et l’isolation de l’étage inférieur. Autrement dit, une même rangée de solives assure à la fois le plancher du dessus et le plafond du dessous.

Entraxe et section : bien dimensionner
Deux paramètres commandent la solidité de l’ouvrage : l’entraxe, c’est-à-dire la distance entre deux solives, et la section de chaque solive. L’entraxe classique tourne autour de 40 cm, et il ne faut pas le dépasser sur un plancher habité. Un entraxe plus serré permet d’ailleurs de réduire la section des solives, et inversement : les deux valeurs se compensent en fonction de la portée à franchir.
Les sections courantes, issues de sciages de résineux, combinent des largeurs de 50, 63, 75 et 100 mm avec des hauteurs de 150, 175, 200 et 225 mm. À titre d’exemple concret, pour une portée de 4 mètres avec un entraxe d’environ 40 cm, on retient une section de solives de 75 x 200 mm. Ces repères donnent l’ordre de grandeur, mais un calcul précis reste indispensable pour tout plancher recevant du public ou des charges lourdes.
| Paramètre | Repère courant |
|---|---|
| Entraxe entre solives | 40 cm maximum |
| Largeurs de section usuelles | 50, 63, 75, 100 mm |
| Hauteurs de section usuelles | 150, 175, 200, 225 mm |
| Exemple : portée 4 m, entraxe 40 cm | section 75 x 200 mm |
La pose dans les règles
La pose des solives est l’étape structurante du plancher, celle qui conditionne tout ce qui vient ensuite. Quelques principes garantissent un résultat sain et durable.
- Poser les solives à espacement régulier, sans dépasser 40 cm d’entraxe, en veillant à leur alignement et à leur niveau.
- Surveiller l’humidité du bois : celle des éléments du solivage doit rester inférieure à 20 %.
- Maintenir l’humidité des panneaux de plancher entre 10 et 12 % pour éviter tuilage et grincements après pose.
- Assurer un appui franc des solives sur leurs supports (murs, poutre maîtresse) pour transmettre correctement les charges.
Deux points méritent une attention particulière lors de la pose. Le premier est le traitement du bois : sauf essence naturellement durable, les solives doivent être traitées contre les insectes xylophages et les champignons, surtout dans les zones peu ventilées. Le second concerne la reprise autour des trémies, ces ouvertures ménagées pour un escalier ou un conduit de cheminée : les solives interrompues sont alors reportées sur des chevêtres, des pièces transversales renforcées qui redistribuent les charges vers les solives voisines. Ces détails, invisibles une fois le plancher fermé, conditionnent pourtant la solidité et la longévité de l’ensemble.
Un solivage bien conçu se fait ensuite totalement oublier. Dans un projet de combles, il vient souvent après l’adaptation de la charpente : notre article sur les poutres retroussées, leur principe et leur usage explique comment libérer le volume au préalable. Et une fois les solives en place, beaucoup souhaitent masquer la structure par le bas : on détaille la marche à suivre pour faire un faux plafond sur solives, avec suspentes et fourrures. Prendre le temps de bien dimensionner le solivage, c’est s’épargner des désordres coûteux par la suite.
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